Quelques remarques  sur Viola  Frymann, D.O.
Stephen BARRETT, M.D.  
www.quackwatch.org 

 

Viola Frymann, D.O., F.A.A.O., F.C.A., fondatrice il y a environ 20 ans de l’« Osteopathic Center for Children (OCC) » , préconise la thérapie crânienne et l'enseigne aux universités ostéopathiques et aux dentistes lors de conférences de formation continue.  Les praticiens crâniens prétendent qu'une restriction de mobilité des os de crâne peut gêner l'écoulement normal du liquide céphalo-rachidien (le liquide qui entoure le cerveau et le cordon médullaire), qu'elle est la cause de pathologies, et que des problèmes dans tout l’organisme peuvent être résolus en corrigeant ces restrictions [1].  Elle préconise également des traitements ostéopathiques pour «des problèmes liés au développement neurologique.»  [2]  Ces idées sont infondées [3]- [4] voire dangereuses, en retardant une prise en charge médicale d'urgence. Cet article résume comment le Dr. Frymann a été condamnée par l’instance ordinale de son État dans deux tels cas. 

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Rappel 

Le Dr. Frymann, née en 1921, est diplômée en 1949 du «College of Osteopathic Physicians and Surgeons» de Los Angeles [5].  Elle semble n'avoir obtenue ni internat, ni spécialité reconnue [2] [5] [6].  Les initiales «F.A.A.O.»  et «F.C.A.»  indique qu'elle est «membre» de l’American Academy of Osteopathy (qui préconise des méthodes non éprouvées) et de la Cranial Academy (un composant de l’AAO qui revendique des faits extravagants concernant la thérapie crânienne).  L’aperçu biographique sur le site Web de l’OCC mentionne que Viola Frymann «est considérée par ses pairs comme une légende vivante du leadership médical ostéopathique» et liste six prix reçus de différentes organisations ostéopathiques [2].  Il mentionne plus loin que son centre «concerne le traitement de tous les enfants, incluant ceux dont le but premier est la prévention d’une santé sous-optimale, ainsi que ceux présentant des problèmes graves et complexes et cherchant à optimiser leur potentiel.»  [2] 

Viola Frymann prétend que 80% des bébés présentent de «petits problèmes» de mobilité crânienne qui peuvent être détectés par des ostéopathes formés pour les déceler.  Elle affirme que ces prétendues perturbations peuvent être responsables de problèmes de succion, d’otite, d’hyperactivité ainsi que d'autres problèmes fréquents, et que l' «équilibrage» du bassin et du sacrum peut corriger des problèmes structuraux déclenchés par l’accouchement [7].  A l’instar de quelques chiropraticiens, elle prétend dans un article concernant les manipulations que: 

«Les dommages occasionnés par la naissance varient de l'imperceptible, pouvant uniquement être détectés par des doigts habiles et entraînés, au flagrant, immédiatement évident à l'œil nu, pouvant être la première cause à partir de laquelle de nombreuses compensations se surajoutent.  Un accident de voiture occasionnant un «coup du lapin» est une autre de ces causes primaires souvent obscures accumulant durant des années des compensations, jusqu'au jour où cette accumulation se manifeste par un ulcère gastrique, un problème cardiaque, une arthrite, une colite, ou n'importe quelle autre maladie. 
De nombreuses «maladies» moins bien définies comme la nervosité, la fatigue, l’insomnie, l’indigestion, le mal de dos, les céphalées, etc… persistent tellement longtemps qu'elles sont considérées comme normales. Lorsque ces déséquilibres structuraux produits par la lésion originelle sont corrigés, le patient est étonné de constater que ses symptômes persistants habituels disparaissent
[8]

Dans un article sur un autre site Web, elle déclare:

«J’ai le sentiment que l’on peut retrouver les traces de nombreux cas d'allergies infantiles dans les contraintes appliquées sur l'appareil musculo-squelettique lors de la naissance…  et le développement d’une scoliose pendant l'enfance et l'adolescence est, dans de nombreux cas, la conséquence de la scoliose crânienne débutant lors de l'accouchement…  Ainsi, l'identification et le traitement du dysfonctionnement du mécanisme crânio-sacrée dans la période postnatale immédiate représente une des plus importante, sinon la plus importante étape de médecine préventive dans la pratique de la médecine ostéopathique »[9]. 

Pour cette raison, elle prétend: 

«Le mécanisme crânio-sacré du nouveau-né devrait être examiné durant les premiers jours de sa naissance.  Il n'existe probablement aucun autre domaine concernant le diagnostic ostéopathique où l'injonction "si vous ne réussissez pas du premier coup, essayez, essayez encore" ne s’applique plus que dans l'examen crânien du nouveau-né

 …  le traitement, en résumé, consiste à trouver le point d’équilibre du mécanisme de tension membranaire, de le maintenir, et de permettre à la force interne d'auto-guérison de normaliser l’organisme» [10].  

Les idées développées ci-dessus sont sans fondements et ne reposent sur aucune rationalité scientifique plausible. 

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Le rapport disciplinaire

En 1991, le directeur exécutif du « California Board of Osteopathic Examiners »  accusa Viola Frymann «d’actes répétés de négligences graves, ou d'incompétence» en relation avec sa prise en charge d'un nouveau-né âgé de 1 semaine mal soigné en 1990 [11].  Selon la plainte, Viola Frymann prescrivit de la vitamine C et une manipulation crânienne alors que la mère était venue consulter pour de la fièvre et de la diarrhée.  Peu de temps après, malgré une numération globulaire évocatrice d'une infection grave, Viola Frymann n'a pas mis en route le traitement approprié ou adressé ce patient quant il le fallait. Le nouveau-né a du être hospitalisé (pour une infection urinaire) sous antibiotiques.  La plainte à l’Ordre mentionne que Viola Frymann n'a pas procédé à une évaluation médicale complète, n'a pas noté l’état de santé de l'enfant, et n'a pas fait le nécessaire pour une hospitalisation immédiate.  En 1992, Viola Frymann et le Conseil ont signé une clause selon laquelle elle admet le mauvais  avoir mal traité cet enfant.  Aux termes de l'accord stipulé, elle fut dans l’obligation de suivre des cours  de sémiologie, de pharmacologie, de perfectionnement en pédiatrie, et fut mise à l'épreuve pendant cinq années [12].  Après avoir accompli environ la moitié de la période de mise à l’épreuve, le Conseil conclut qu'elle avait satisfait à toutes les conditions et qu'il n'y avait "aucune raison de croire" qu’elle constituait une menace à la santé publique.  [13] 

En 1999, le directeur exécutif de l'Ordre  des Ostéopathes de Californie  accusa Viola Frymann de «négligence grave», «récidive d’actes négligents» et d' «incompétence» en relation avec la prise en charge d'un enfant de 9 mois mal soigné en 1996 [14].  Selon la plainte, l'enfant en bas âge avait des antécédents de vomissements, de congestion, d’éruption cutanée, de léthargie et n’avait pas acquis le poids normal pour son âge.  Bien que les médecins de l'université de California-Davis aient recommandé une hospitalisation, les parents adressèrent l'enfant à Viola Frymann pour une vérification. Viola Frymann vu l'enfant sept fois sur une période de trois semaines pendant laquelle le poids de l'enfant demeura presque le même. Suivant la plainte du Conseil, Viola Frymann ne procéda à aucun examen physique approprié, ne prescrit aucun examens de laboratoire approprié, ne traça aucune courbe de croissance, ou ne nota aucune cause possible de ce «déficit de croissance».   Elle nota à la place une impression diagnostique de «plagiocephalie» et de «compression du sacrum», aucune de ces maladies n’étant médicalement reconnue. Le traitement de Viola Frymann comprenait une «manipulation ostéopathique» à chaque visite, en continuant à s’opposer à une hospitalisation bien que l'état de l'enfant paraissait se détériorer. Deux jours après le dernier rendez-vous chez Viola Frymann, les parents conduisirent l'enfant au service d’urgence de l’hôpital U.C. Davis, où il s’avéra qu’il souffrait d'une infection urinaire très grave qui, une fois traité, résolu le problème de croissance.  En 2000, Viola Frymann et le Conseil  signèrent une clause dans laquelle elle a admis le mauvais traitement prodigué au nourrisson.  La plainte déposée en 1999 recommanda l’annulation du permis d’exercer de Viola Frymann, mais aux termes de l'accord stipulé, elle fut simplement condamnée à payer 3.800$ de frais et à subir cinq ans de mise à l’épreuve, incluant des cours supplémentaires et un suivi de sa progression par un pédiatre certifié [15]

La thérapie crânienne est à mon avis si bizarre que ceux qui la pratiquent doivent avoir une capacité de jugement sérieusement altérée et devraient-être sévèrement sanctionnés. Les documents du Conseil n'indiquent pas la raison pour laquelle l’autorisation d’exercice ne fut pas retirée à Viola Frymann, ni pourquoi elle ne fut pas contrainte à stopper la pratique de la thérapie crânienne et des manipulations chez les enfants.  Craignait-il une longue bataille judiciaire?  A-t-il cru que Viola Frymann était suffisamment âgée pour partir bientôt à la retraite?  A-t-il cru que sa progression sous surveillance permettrait au Conseil de prendre davantage de mesures?  (le document donnait la possibilité à Viola Frymann, avec l'approbation du Conseil, de choisir son tuteur, mais il n'indiquait pas si celui-ci devait-être quelqu'un partageant sa croyance en la thérapie crânienne ou aux manipulations ostéopathiques d’enfants en bas âge.  Le conseil a-t-il craint qu'attaquer ces pratiques créerait des problèmes politiques avec les organisations ostéopathiques ou avec d'autres ostéopathes?  Ou pire encore, certains membres du conseil sont-ils eux aussi impliqués dans ces pratiques ?  Quoi qu’il en soit, Viola Frymann semble avoir une croyance inébranlable dans les théories qu’elle a utilisée pendant toute sa carrière et continue à les préconiser et à les enseigner.  Pensez-vous qu’elle devrait-être considérée comme digne de confiance?

Références
1 - Common problems. Cranial Academy Web site, accessed Jan 26, 2003. 
2 -
Viola M. Frymann, D.O., F.A.A.O., F.C.A. OCC Web site, accessed Jan 25, 2002. 
3 - Barrett S.
Dubious Aspects of Osteopathy. Quackwatch, updated Dec 23, 2002. 
4 - Barrett S.
Cranial therapy. Quackwatch, updated Sept 23, 2002. 

5 - AOA Yearbook and Directory. Chicago: American Osteopathic Association, Jan 1997, p 205. 

6 -
AMA Physician Select, searched Jan 26, 2003. 
7 - Frymann VM.
Osteopathy for Parents. OCC Web site, accessed Jan 25, 2003. 
8 - Frymann VM.
What is osteopathic manipulation? OCC Web site, accessed Jan 25, 2003. 
9 - Frymann VM.
The trauma of birth -- Introduction. DrFeeley.com Web site, Accessed Jan 26, 2003. 
10 - Frymann VM.
The trauma of birth -- Examination. DrFeeley.com Web site, Accessed Jan 26, 2003. 
11 - Bergmann L.
Accusation. In the matter of the accusation against Viola M. Frymann, D.O. No. 91-19, Nov 7, 1991. 
12 -
Stipulation in settlement and decision. In the matter of the accusation against Viola M. Frymann, D.O. June 19, 1992. 
13 - In the matter of the petition for termination of probation of Viola Muriel Frymann.
OAH No. N-9411102. 
14 - Bergmann L.
Accusation. In the matter of the accusation against Viola M. Frymann, D.O. No. 99-18, Dec 15, 1999. 
15 -
Stipulation in settlement and decision. In the matter of the accusation against Viola M. Frymann, D.O. July 21, 2000.