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Ostéopathie: rapport de stage et conclusion

Rapport de stage et conclusion





Je rappelle tout d'abord les circonstances qui m'ont amené à faire ce stage. Suite à ma rencontre avec M. Lebret, ostéopathe français enseignant à la BSO depuis près de 20 ans (1969), il m'est venu l'idée, compte tenu des structures médicales de l'école, d'y faire mon dernier stage clinique d'IMG. J'en ai donc demandé l'autorisation au professeur Legrand, doyen de mon CHU La Pitié-Salpètrière, qui, après réflexion, me l'a accordée. Muni de cette autorisation, je suis allé à Londres, et sur les conseils de M. Lebret, j'ai rencontré miss Audrey Smith qui, comme je l'ai appris par la suite, est une des plus hautes autorités de l'ostéopathie anglaise. Elle m'a elle aussi donné son accord. Il ne me restait plus qu'à venir à Londres.

Ces six mois furent très enrichissants, autant sur le plan de ma formation médicale que sur le plan personnel. Comme tout ce qui est intéressant, ce ne fut pas facile; d'autant plus que c'était tout de même la première fois que la BSO recevait un interne d'une faculté de médecine française. Il fallait donc que les deux parties trouvent ses marques. De mon côté, il s'agissait de m'intégrer le plus vite possible, pour apprendre le maximum d'une discipline que je ne connaissais pas et en sachant que ces six mois passeraient très vite. Il y eut tout d'abord une période de rodage du fait que j'étais assez peu familiarisé avec l'ostéopathie, et qu'il me fallait aussi améliorer mon anglais. Cette période fut quand même assez courte grâce, je dois le préciser, à la présence des ostéopathes français enseignant à la BSO: Laurent Cuny, Laurent Heib, Serge Kyria, Jean-Marie Noiret, Nadine Drouhoin, et, bien sûr, Alain Lebret. Ils m'ont permis par leur présence de m'intégrer beaucoup plus rapidement, et m'ont appris, par leur expérience, énormément sur le plan théorique et sur le plan pratique.

J'étais donc à plein temps à la BSO, du lundi au vendredi inclus, de 9h00 à 18h00. De plus, certains samedis, j'assistais aux consultations de traumatologie du sport de 11h00 à 17h00. Les deux premiers mois furent essentiellement consacrés à ma formation accélérée aux techniques ostéopathiques, ainsi qu'à la théorie, avec toutefois trois après-midi par semaine de stage clinique. Je faisais en moyenne 20 à 25 heures par semaine de pratique des techniques ostéopathiques. Pour cela, j'assistais à tous les cours de technique de chaque année, lère, 2ème, 3ème et quatrième années confondues. Plus des cours que me donnaient en extra certains étudiants de 4ème année, notamment Jo keefe et mon ami ostéopathe français Laurent Cuny. Au bout de deux mois, j'avais donc vu les techniques de manipulation structurelle du rachis lombaire dorsal et cervical avec certaines de leurs variantes, ainsi que les techniques structurelles dites périphériques s'appliquant aux membres supérieurs et aux membres inférieurs (main, poignet, coude, épaule, hanches, genou, cheville, pied). Il me restait, bien entendu, le plus dur, c'est-à-dire les appliquer sur des patients à traiter. Ayant bien entendu au préalable posé le bon diagnostic.

Parallèlement à ces cours de technique, je suivais des cours sur le diagnostic ostéopathique, les principes ostéopathiques, des cours de palpation, des cours d'observation. Durant ces deux premiers mois j'utilisais mes trois après-midi par semaine en clinique pour observer, poser de nombreuses questions, et ainsi confirmer ce que j'apprenais en classe de technique et de théorie. Je remercie encore Alain Lebret, car il m'a donné dans cette période un condensé de ses connaissances sur l'ostéopathie, me permettant de gagner un temps précieux.

Passés ces deux mois, j'allais en clinique tous les jours et à plein temps de 9h00 à 18h00. La plupart du temps, j'étais associé à un étudiant de 4ème année, avec qui je coopérais. Avec Jo Keefe, par exemple, l'étudiant américain de 4ème année cité précédemment, nous avons vu de nombreux patients ensemble, contrôlés toujours bien entendu par un tuteur; au début, je participais à l'interrogatoire et à l'examen clinique sans participer au traitement. Puis, par la suite, et avec l'accord de ses tuteurs, Jo Keefe me laissa traiter ses propres patients. C'est ainsi que je me familiarisais petit à petit avec le diagnostic et la thérapeutique ostéopathique. J'ai travaillé de cette manière et avec d'autres étudiants de 4ème année et tuteurs, jusqu'à la fin de mon stage clinique.

Au total, ce stage a été un stage essentiellement pratique, intensif et très concentré, durant lequel grâce à la coopération d'un certain nombre d'amis ostéopathes Anglo-saxons et de mes amis ostéopathes français qui complétaient en permanence mes connaissances, j'ai peu apprendre beaucoup sur l'ostéopathie en un minimum de temps.


CONCLUSION

J'ai essayé dans cette thèse, de rester le plus objectif possible en me faisant simplement le rapporteur de ce que j'avais vu et vécu à la BSO.
En tant que médecin, je ne retrouve aucune antinomie entre l'ostéopathie et la médecine. N'oublions pas que le docteur Still était lui-même médecin et chirurgien. Les Américains l'ont bien compris, eux qui ont officialisé le statut de l'ostéopathe qui, comme nous vous l'avons dit est considéré, aux USA, comme un médecin à part entière.
En Angleterre, la situation est bien différente. En effet, la profession d'ostéopathe évolue vers une entité professionnelle à caractère médical, indépendante du corps médical lui-même, au même titre que la profession de chirurgien-dentiste par exemple.
En France, la réalité est encore bien différente de celle des USA ou de l'Angleterre. En effet, il n'y a pas encore de statut réel de la profession d'ostéopathe dans notre pays, quant à l'enseignement, il demeure incomplet car il n'y a pas de véritable enseignement clinique au sens où le pratiquent les Anglo-saxons. Il n'y a pas encore par exemple de consultations hospitalières, où l'on pourrait former cliniquement les futurs praticiens au même titre que dans les autres spécialités médicales. Or, l'ostéopathe, tout comme le médecin, sont des praticiens apprenant le métier avant tout sur le terrain au contact des patients.
En ce qui me concerne, j'ai eu la satisfaction de rencontrer des personnalités ouvertes au dialogue des deux côtés de la Manche. D'une part en France, le doyen de mon université, le professeur Legrand et le professeur Cornillot, président de l'université Paris XIII sans lesquels je n'aurais jamais pu effectuer mon stage en Angleterre et écrire ma thèse. En Angleterre d'autre part, miss Smith et monsieur Lebret qui ont su convaincre les amis de la BSO, de recevoir un interne d'une faculté de médecine française. Tous ont compris la nécessité de dialogue et d'ouverture entre les deux parties. Je les en remercie une fois de plus.
En conclusion, l'ostéopathie est un système diagnostique et thérapeutique cohérent, dont les résultats cliniques sont tout à fait satisfaisants. De nombreux chercheurs se sont attachés et s'attachent encore aujourd'hui à en démontrer les fondements scientifiques. Même s'il reste encore beaucoup à faire, on peut considérer l'ostéopathie comme une autre voie de la médecine, cette dernière restant une et indivisible.


 

 


Dr Elie Paul Cohen: "Rapport de stage d'un Interne en Médecine Générale (I.M.G.) à la British School of Osteopathy (B.S.O.)" - UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE (PARIS 6) - FACULTE DE MEDECINE PITIE-SALPETRIERE, 1989. pp 106-113